Might and Magic VII : Pour le Sang et l’Honneur (1999)

Might & Magic VII est le septième jeu de la série des Might & Magic (M&M);  RPG médiéval fantastique avec une composante SF, développé par New World Computing et édités par 3DO.

Il ne faut pas confondre avec la série des Heroes of Might & Magic (HoMM) qui sont des jeux de gestion/stratégie en tour par tour. Cependant, ils ont pour point commun de « partager » la même histoire (jusqu’à HoMM IV), se déroulant dans le même univers (HoMM étant des spin-off de M&M)
Par exemple, dans l’ordre chronologique : HoMM III: The Shadow of Death -> HoMM III: The Restoration of Erathia -> M&M VII -> M&M VIII -> HoMM III : Armageddon’s Blade -> HoMM IV.
On retrouvera donc certains PNJ de M&M (créatures hostiles, gardes de villes…) en tant qu’unités recrutables dans HoMM.

Le jeu commence ainsi : Un concours a été organisé par un seigneur local, le Seigneur Markham, sous la forme d’une chasse au trésor géante sur l’Île d’Émeraude, près d’Erathia.
De nombreux groupes d’aventuriers, dont le vôtre, ont été attiré par la récompense de cette chasse : le titre de seigneur d’un fief nommé Harmondale.
Mais attention, sur cette île se cachent de nombreux dangers, dont certaines rumeurs prétendent qu’il s’agirait d’un dragon…

2014-03-05 21_57_20-GreenshotAprès avoir remporté le concours, les choses sérieuses commencent : arrivés dans votre fief, il s’avère que les habitants ne sont pas très accueillants et qu’une bande d’hodgobelins aie décidé de prendre possession de votre « magnifique demeure », qui n’est guère plus qu’une ruine.
De fil en aiguille, vous vous retrouverez à accomplir diverses quêtes pour restaurer votre château qui s’avère être convoité à la fois par les elfes et par les humains…

Mais quelque chose semble se tramer dans l’ombre…

Un début plutôt original, l’histoire se dévoilant au fur et à mesure du jeu.

2014-03-05 21_46_05-GreenshotPhase de création de personnages :

Votre groupe est constitué de quatre personnages dont on pourra choisir le sexe, la race – parmi : humain, elfe, nain, gobelin; la sélection du portrait permettant la sélection de la race, la voix est elle aussi personnalisable (une trentaine de portrait et de voix au total) – toutes ayant des avantages/inconvénients différents.
Comme dans beaucoup de RPG il faut sélectionner une classe, parmi les neuf disponibles.
Chaque classe possède également ses avantages et ses inconvénients; peuvent apprendre différentes compétences dépendant de la classe choisie; quatre capacités dont deux choisies par le joueur. Ces mêmes compétences pourront évoluer sous la tutelle d’un « professeur », le degré de maîtrise final dépendra toujours selon la classe (quatre degrés de maîtrise au total).
Les caractéristiques (force, intelligence, etc…) n’auront également pas la même influence selon la classe du personnage (l’intelligence augmentera la mana du sorcier, alors que c’est la personnalité qui augmentera la mana du clerc).

Personnellement, j’ai toujours fait un groupe composé d’un chevalier humain, un voleur nain, une clerc naine et une sorcière humaine. Plutôt bien équilibré et pouvant se sortir de situations bien périlleuses !

MM7 MenuGameplay :

Comme toute la série des M&M, le jeu se passe en vue subjective à la façon de Dungeon Master, mais les portraits des personnages se trouvent en bas de l’écran. Vos quatre personnages sont donc exposés tous de la même façon.
Vous pouvez vous déplacer avec les touches directionnelles, les raccourcis claviers sont nombreux (sorts, inventaire, journal, etc…) – les touches sont heureusement configurables; la souris peut se déplacer dans tout l’écran pour permettre d’interagir avec le décors (objets/coffres/portes) et les PNJ (ennemis/alliés).

2014-03-05 21_59_23-GreenshotL’inventaire (un par personnage) est constitué de cases, chaque objets remplissant un certain nombre de ces cases. Le personnage sélectionné est visible de pied en cape et les objets s’adaptent au physique lorsqu’on s’en équipe (il faut posséder la compétence adaptée).

L’inventaire d’un alchimiste à n’en pas douter.

Les différentes compétences pourront être acquises via des professeurs se trouvant dans des échoppes et guildes; des PNJ pourront être embauchés et demanderons un pourcentage du butin pour apporter un bonus aux compétences; les sorts pourront être appris avec des livres achetés/trouvés.
Une fois suffisamment d’expérience accumulée (combats et quêtes), le passage des niveaux se fait dans un centre d’entraînement, chaque passage coûtant un peu plus cher à chaque fois.

MM7 entrainement

Un des camp d’entraînement

Les héros peuvent souffrir/bénéficier de différents états (malade, empoisonné, béni, ivre, le sommeil est également géré) et font des commentaires lorsqu’ils sont blessés, rentrent dans un lieu, accomplissent certaines actions découlant de capacités (faire une potion, réparer un objet, crocheter un coffre…).
Ils pourront se reposer dans une auberge ou camper en puisant dans leurs rations, le nombre de rations utilisé dépendra de l’endroit où ils camperont (herbe, sable, etc…) et ils seront susceptibles de se faire attaquer par des monstres.
L’âge est également un facteur pris en compte, certaines actions pourront vous faire vieillir (sorts/monstres) ou rajeunir (sorts/potions).

Il est possible de se battre en temps réel ou en tour à tour, ces deux techniques ayant ses avantages et inconvénients, le mode en tour par tour s’activant via une touche du clavier ou en cliquant sur une icône. On peu très rapidement affronter un grand nombre d’ennemi si on ne fait pas attention, leur zone de détection étant assez grande; l’icône des personnages passe en jaune lorsqu’ils sont repérés, en rouge quand ils sont au corps-à-corps. Il n’y a pas d’auto-levelling des monstres, il faut donc faire très attention au début du jeu lorsqu’on rencontre certains, la fuite est alors la seule solution. Il sera possible de faire aider par la milice locale si vous arrivez à attirer les monstres prêt des villes (ils s’attaqueront alors à la populace), mais attention à ne pas les toucher sous peine de se les mettre à dos.

Les journées font 24 heures et le passage du temps aura une incidence sur certains éléments du décors (brume matinale, arbres, soleil se couchant plus ou moins tôt, etc..).

Les voyages entre les différentes régions peuvent se faire de différentes façon : à pieds, en cheval (écurie à écurie), en bateau si il y’a un port, puis si vous avez le sort adéquat, en se téléportant.
La navigation dans les cartes se fait à pieds puis, si vous avez le sort, en volant (extérieurs uniquement).

La carte du Monde

Pas mal de choses donc et il est possible que j’en oublie certaines (vous découvrirez les autres lorsque vous y jouerez).

Les objets :

Les objets sont catégorisés : armes, armures, ingrédients, potions, baguettes, livres, parchemins, bagues etc… chaque objet possède une petite description, certains nécessitent d’être identifiés si on ne dispose pas de la compétence et on ne peux pas vendre tout au même endroit (forgeron, armurier, etc…).
Les armes et armures sont elles-même classées, leur utilisation sera liée à une compétence (épée, hache, marteau, etc… et cuir, maille, plate, bouclier pour les armures) que l’on pourra apprendre dans les forges/armureries, etc…
On peut les trouver dans les coffres et, bien sûr, les looter sur des monstres.
Il y’a énormément d’objets « normaux », certains peuvent être magiques, ainsi que des légendaires.
On peut trouver différents minerais durant le jeu, qui peuvent être transformés en objets plus ou moins puissants (selon la qualité du minerais). Il faut cependant trouver les personnes sachant les transformer…

Le bestiaire
:

Les monstres sont nombreux et variés, allant du soldat au dragon en passant par des géants, des spectres ou des minotaures. Le changement de couleur/taille permet de différencier le « niveau » du monstre (faible, moyen, fort; en gros). En sachant qu’un dragon « faible » peut quand même éliminer votre groupe en quelques seconde, même à la moitié du jeu, si on fonce bêtement sur lui.
Le bestiaire est vraiment énorme, on découvrira les créatures tout au long du jeu.

Un combat contre des Titans… costauds !

Les graphismes :

Soyons francs… ils n’ont pas particulièrement évolué depuis son prédécesseur et… c’est pas top. Déjà à sa sortie M&M VII était loin de faire partie des plus beaux jeux de son époque… Même des jeux « beaux » tout court en fait… Les décors sont en 3D, affreusement pixelisés, anguleux au possible mais il y’a tout de même très une grande richesse graphique : désert, ville, campagne, forêt, etc … Les maisons sont également diversifiées, il ne s’agit pas d’un simple copié/collé. En ce qui concerne les PNJ, il s’agit en fait de sprites de 2D : quatre sprites sont assemblés (face, profil gauche, dos, profil droit) et pourvus d’une palette assez large d’animations.
Les cinématiques, bien que peu nombreuses, sont également loin d’être parfaites mais ont quand même un certain charme.
L’interface, l’inventaire, le livre de sorts, etc … sont peaufinés et très agréables.
Chaque lieu important possède une animation soignée lorsqu’on y entre, ainsi que l’intérieur des habitations.

L’entrée de l’école des mages

Le Fort Ravenspire

Le Temple de la Lune

Bande son :

La bande son est bien faite, alternant des musiques lugubres à celle de villes, grottes, campagne, etc… une vingtaine de musiques en tout. L’ambiance est très bien rendue et les bruitages nombreux et crédibles.
Un bug assez important peut empêcher la lecture des pistes de musicales, mais un patch corrige normalement ce problème.

Arcomage :

Arcomage est un mini-jeu qui mérite un paragraphe à part.
Apparu dans M&M VII puis dans M&M VIII, il s’agit d’un jeu de carte, sous forme de plateau, en tour à tour.
Pour vaincre l’adversaire, plusieurs conditions peuvent être remplies (une suffit) : avoir une tour ou un mur d’une certaine taille, un nombre de ressource défini ou détruire la tour adverse.
Pour se faire, il faut utiliser les cartes de différentes couleurs (rouge, bleue, verte) , chacune nécessitant une ressource particulière (brique, gemme, créature).
Certaines cartes permettent d’augmenter la production de ressources (carrière, magie, zoo) mais nécessite ces mêmes ressources pour être lancées.
D’autres cartes permettent de construire sa tour (généralement bleues), des murs (rouges), attaquer son adversaire (rouges, bleues, vertes).
Dans M&M VII, une des première quête permet de trouver le paquet de carte, une seconde quête dont l’objectif est d’être vainqueur de toutes les villes (on peut jouer uniquement dans les tavernes). La quête n’est pas évidente, parce que l’IA s’améliore au gré des tavernes mais aussi et surtout parce que certaines tavernes sont difficiles d’accès (monstres alentours très forts).
Le jeu a eu tellement de succès qu’un stand-alone à été développé.
Il existe également sur la toile en flash.

Une partie d’Arcomage

Durée de vie :

C’est long… très long. J’ai lu 70 heures de jeu, mais sincèrement j’en compterais facilement au moins le double ! Entre le fil conducteur, les quêtes de promotions (autant que de classes, deux promotions par classe), les quêtes secondaires, fouiller les donjons et cartes de fond en comble… plus les parties d’Arcomage qu’on peut faire même après avoir fini la quête liée… Y’a vraiment matière à faire !

2014-03-05 21_59_26-Greenshot

Ma conclusion :

L’intrigue est vraiment prenante et la stratégie à une place primordiale ! Le fait que les personnages aient chacun leur voix est vraiment appréciable, ce ne sont pas que de vulgaires portraits.
La difficulté graduelle est bien dosée et garantie un challenge tout le long du jeu… la sensation de puissance arrivée à un certain stade du jeu est tout bonnement géniale (pluie de météorite, téléportation, mind control, etc…)… Ce qui n’empêche pas de se faire dérouiller si on ne fait pas gaffe aux hydres ou aux dragons (toujours ceux-là). L’ambiance tantôt sombre et lugubre (grotte, manoir hanté), tantôt lumineuse (grands espaces, villes), les paysages s’alternant et les villes ne se ressemblant pas permettent de se mettre pleinement dans le jeu.
Les graphismes étant de « mauvaise » facture, il sera cependant difficile pour certains de profiter pleinement de la qualité du jeu en lui même.

A noter qu’il y’a quelques manipulations à faire pour pouvoir y jouer sur les Windows récents.

Might and Magic VII et moi c’est définitivement une grande histoire d’amour, de celles qui font qu’on y revient toujours !

Un petit lien vous redirigeant vers un autre test de M&M VII

Vous pourrez le trouver à partir de 5€, tout dépendra du contenu (boite en carton rare !).

… de dos

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