Fallout 3 (2008)

Une petite “Préface” d’abord :

Parlons déjà de la franchise qu’est Fallout (“retombée”, référence aux retombées radioactives).

L’histoire de Fallout commence par une guerre nucléaire globale. Une part infime de l’humanité (“L’Élite” : scientifiques, médecins, homme politiques haut-placés, etc …) a réussi à se réfugier dans des abris antiatomiques construits quelques années plus tôt.
Les conséquences pour l’humanité sont catastrophiques et ceux n’ayant pas pu se réfugier dans les abris sont morts ou se sont retrouvés affreusement irradiés, transformés en horribles mutants. La faune et la flore, du moins celle ayant survécu à l’hiver nucléaire, a suivi le même chemin.

Il n’y a plus aucun gouvernement central, seule la loi du plus fort prévaut dans ce monde post-apocalyptique. Quelques oasis de civilisation ont été reconstruites, mais même en ces lieux, la tranquillité est tout sauf pérenne.

Ce n’est bien sûr qu’une partie minimale de l’histoire, le background étant extrêmement riche, j’essaierais d’y revenir dans un article ultérieur.

Fallout 3 est donc le troisième opus de la série (hors spin-off).

Il fût initialement développé par les studios Black Isle, comme ses prédécesseurs, sous le nom de Projet Van Buren.

Fallout 3 - Van BurenMalheureusement Interplay, maison mère de Black Isle, fit faillite en 2003 et se retrouva obligé de brader les droits de développement de Fallout 3 – au même titre que la licence Fallout – pour recouvrer ses dettes.
Bethesda Softworks acquis ainsi les droits de Fallout… et redéveloppa Fallout 3 à partir de zéro, pour arriver à ce que nous connaissons.

Une autre vidéo montrant le gameplay de Van Buren.

/!\ Ma critique se fait sur Fallout 3 nature (ou vanilla), je ne prends donc pas en compte les DLC, patchs et hypothétique pack de texture HD qui améliore (pour certains) l’expérience du jeu. /!\

Fallout 3 est un jeu d’Action-RPG, se passant dans un monde post-apocalyptique détruit lors d’une guerre atomique, 200 ans auparavant. Une partie de la population a réussi à s’abriter dans des abris antinucléaire pour se protéger.

Vous incarnez un habitant de l’Abri n°101 qui part à la recherche de son père ayant, sans aucune raison apparente, quitté l’abri. Ce départ entraîne votre exil car personne n’est autorisé à sortir de l’abri…

Graphisme :

Au contraire de ses prédécesseurs, le jeu est en 3D. Fallout 3 utilise le même moteur graphique qu’Oblivion, de Bethesda également, légèrement amélioré. Je parlerais plus de recyclage que de vrai amélioration, par opposition à ce qui a été fait avec le moteur Aurora Engine de Bioware (utilisé sur NeverWinter Nights 2002) pour The Witcher (2007). Les personnages sont rigides et la peau fait énormément plastique au même titre que les armes et autres objets que l’on pourra ramasser.

Fallout 3 Personnage

Les effets de lumières et d’explosions sont plutôt bien réussis dans l’ensemble bien que certains effets de “brillance” viennent un peu les gâcher. Les décors sont quant eux très réussis, bien modélisés et les paysages grandioses. La vue se faisant à la première ou troisième personne, vous pourrez admirer les alentours jusqu’à l’horizon.

fallout-3- Vue horizonUn gros défaut cependant qu’est l’espèce de filtre gris/jaune omniprésent. En ce qui concerne les intérieurs, l’ambiance est plutôt bien rendu : entre les égouts, les abris délabrés, les maisons délaissées l’ensemble est plutôt diversifié même si ils se répètent entre eux (même maison, même égout, etc …). Le jeu est volontairement sanglant, un peu trop peut-être.A la moitié du jeu, le moindre tir peut facilement décapiter, transformer l’ennemi en un petit tas de chair sanguinolent… tas de chair et morceaux qu’on trouvera également éparpillé çà et là, au gré des envies d’on ne sait qui…

Vous avez demandé un steak tartare ?

Création de votre personnage :

La phase de création se fait ingame, le début du jeu faisant office de tutoriel. Cette partie est assez intéressante de par son originalité dans la mise en scène : vous sortez du ventre de votre mère et passez une sorte de scan qui montre votre “vous” futur. Les fan des Sims trouveront leur bonheur dans cette phase où l’ont peu modifier tout ou presque (du moins au niveau du visage) à l’instar de Mass Effect, les “Elder Scroll”, Dragon Age et donc les Sims. Personnellement, je ne suis pas trop fan d’autant que le rendu peut-être vraiment horrible… quelques rares têtes pré-générées (celles des personnages importants par exemple) vaudront quelque chose.

Vous grandissez jusqu’à vos 19 ans, chaque étape de votre enfance sera ponctuée d’actions vous permettant d’en apprendre sur la façon de jouer : prendre des objets,  tirer, etc… Le système de caractéristiques est hérité de la série de Black Isle : le S.P.E.C.I.A.L pour Strength (Force), Perception, Endurance, Charisma, Intelligence, Agility, Luck (Chance). L’anecdote veut que vous trouvez un livre où est inscrit “You’re S.P.E.C.I.A.L” juste avant l’attribution des caractéristiques… heureusement qu’ils n’ont pas traduit… (Vous êtes F.P.E.C.I.A.C… ?!).

Vous aurez à choisir deux traits de personnalité, allant de brutasse à furtif-que-même-on-te-voit-pas-avec-un-projo-dans-la-tronche en passant par gros junkie ou sensible de la gâchette (suggestion de présentation) , et trois aptitudes spécialisées (armes à feu, médecin, crochetage, etc…) qui évolueront deux fois plus vite (1 point attribué augmente de deux l’aptitude). Vos aptitudes de bases sont liées aux caractéristiques principales, par exemple le marchandage = charisme + 10/intelligence (non contractuel).

Gameplay :

Tout d’abord, une petite introduction au PipBoy.

PipBoyLe PipBoy, en plus d’être la mascotte du monde de Fallout (y compris les spin-off), est une espèce de PDA futuriste.
Dans Fallout 1 et 2, il permet d’afficher la carte, regarder l’heure et enclencher certaines actions de repos ou d’attente, gérer vos quêtes, votre santé, etc…
Dans Fallout 3, il permet en plus de gérer son inventaire et il se porte au bras.

L’inventaire est rangé en catégories : armures, armes, divers, objets de quêtes, etc… Virtuellement infini, la restriction se fera au niveau du poids de chaque objets que vous ramasserez… Le total de poids que vous pourrez porter dépendra de votre Force.
On peut obtenir un don tous les 3 à 4 niveaux qui pourra booster une caractéristiques, des aptitudes, etc… Les aptitudes pourront être augmentées à chaque passage de niveau (X points d’aptitude à chaque niveau), en lisant les livres associés, en s’équipant de certains objets ou en ramassant les figurines PipBoy d’aptitude. Vu que l’on ne peut monter qu’au niveau 20, il faut faire attention lors de l’attribution… certaines actions nécessitent un niveau 100 (crochetage, piratage, réparation).

Lorsque vous tenterez de crocheter une serrure ou pirater un ordinateur, un mini-jeu se déclenchera.
Dans le premier cas, vous tentez de crocheter à l’aide d’un tournevis et d’un rossignol (C’est la que l’aptitude « nature » et votre agilité vous seront le plus utile, parce que chopper un rossignol dans un monde post-apo, c’est vraiment pas évident !). Le but sera de déplacer le rossignol pour qu’il n’y ai plus de résistance lorsqu’on tourne le loquet. Le rossignol peut casser si on force trop et plus le niveau sera élevée plus il faudra être précis. Skyrim réutilisera ce système de crochetage.

crochetagePour le piratage d’ordinateur, il s’agit d’un jeu un peu comme le pendu. Vous devrez en fait choisir le mot de passe parmi une myriade de mots affichés. Certaines anomalies pourront supprimer des options (un peu comme le 50/50 ou le moit’-moit’). Vous aurez quatre chances (vous pouvez récupérer avec une anomalie), à chaque essai, il vous sera indiqué le nombre de lettre correcte.

Dans Fallout 3, l’aptitude “réparation” revêt d’un nouvel intérêt.
En effet, dans le wasteland, il est quasiment impossible de tomber sur une arme/armure neuve. Pour garder son équipement en bon état il faut donc le réparer régulièrement, en utilisant des pièces de rechange. Dans les faits, il suffit d’avoir deux équipement identiques, l’un sera réparé et l’autre détruit. Pour les objets uniques, parce qu’il en existe, il suffit de trouver un matériel équivalent.
Vous aurez également la possibilité de créer vos propres armes, à partir de plans achetés ou trouvés. Il faudra évidemment récupérer les éléments nécessaire à votre épée flambeuse ou votre lance-fléchettes empoisonnées et trouver un atelier.

Le personnage peut souffrir/bénéficier de certains états (empoisonnement, irradiation, fracture, invisibilité, drogué, etc…) et peut se guérir à l’aide d’aptitudes (besoin d’une trousse de soin), de Stimpack ou encore en ingérant les aliment qu’il trouvera. Il pourra également se faire soigner par un médecin, moyennant finance évidemment. Attention cependant, la plupart des denrées alimentaires sont irradiées et au-delà d’un certain seuil de radiations, c’est la mort. L’irradiation peut être limitée en prenant certains médicaments ou en portant une combinaison antiradiation.

La monnaie locale utilisée est la capsule de Nuka Cola (alors qu’elle avait été remplacé dans Fallout 2). Il y’a tout un historique autour du Nuka Cola, la boisson préférée des États-uniens d’avant la grande guerre.

Fallout 3 se différencie également par son système de combat se voulant un “palliatif” à celui de ses ancêtres, à mi-chemin entre le tour à tour et le temps réel : le VATS ou SVAV (Système de visée assistée de Vault-Tec). Dans le jeu, les combats se font en temps réel, le VATS peut s’activer lorsque la jauge de PA (points d’action) est suffisamment remplie (elle se remplie toute seule). Le jeu se “fige” alors et on peut choisir de viser des parties précises de l’ennemi (bras, jambes, têtes, yeux, etc…)… mais uniquement avec une arme à distance.
Lorsque le joueur tire dans ce mode, le projectile est tiré avec un effet de bullet time, jusqu’à ce qu’il arrive à sa cible, ou passe à côté.


Le niveau des ennemis montera en même temps que le vôtre, la difficulté reste donc constante.

Le système de Karma, toujours hérité des prédécesseurs, permet de savoir si vous effectué de bonnes ou mauvaises actions. Les PNJ pourront réagir différemment selon vos penchants.

Le bestiaire :

Les montres sont nombreux. Non pas par leur diversité mais surtout par leur nombre à proprement parlé. Parmi les plus courant, on trouvera des goules sauvages (les plus “courant”, c’est le cas de le dire, elle vous fonceront dessus à vue), d’énormes mouches, des raiders et les inévitables Griffemort (renommés Écorcheur dans Fallout 3…) et Supermutants.

La Bande son :

Dans Fallout 3, deux fréquences différentes seront disponibles pendant la quasi-totalité du jeu : Galaxy News Radio et la Radio de l’Enclave. La première passe des musiques de jazz (4 ou 5 en boucle si je me rappelle bien)  et contera vos avancés dans le jeux, l’autre des musiques patriotiques américaines (2 ou 3 pas beaucoup plus). Il s’agit surtout d’ambiance sonore : le vent, des chutes de pierres, les bruits des canalisations dans les égouts, les bruits de pas, cris des monstres, etc… Le tout étant discret mais de bonne qualité.

Durée de vie :

La quête principale ne vous fera pas plus de 20 heures, voire moins si on sait où aller.
Par contre, l’exploration de la carte, la réalisation des quêtes secondaire et la collection des figurines PipBoy permettra d’atteindre facilement, au bas mot, la centaine d’heures.

Ma conclusion :

En tant que grand fan de la série Fallout, j’attendais énormément de ce jeu. Ne connaissant pas particulièrement Bethesda, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le résultat fût une énorme déception. Le jeu à soi-disant été un grand succès mais il a, en réalité, plus divisé qu’été porté aux nues.
La première “déception” est venu du fait que le jeux a été porté en 3D à la 1ère/3ème personne, sous prétexte “d’évolution”. Ce qui a également “justifié” l’abandon du jeu en tour à tour. Les références aux jeux précédents sont inexistantes si ce n’est l’univers, le Pipboy et quelques personnages que l’on retrouvera lors de nos pérégrinations.
Les combats sont répétitifs et l’effet de bullet time devient extrêmement lourd au fil du jeu, vu qu’il est impossible de le passer. L’IA est loin d’être au top et les vagues d’ennemi très (trop) nombreux viendra se fracasser sur vos armes sans raisons apparentes. La carte est immense… l’impression que les points importants aient été jeté au hasard, un peu comme si on lançait une poignée de confetti et qu’on plaçait ces points en fonction des retombées (oups, jeu de mots), l’est également.
L’univers a été fortement édulcoré et même si le jeu se veut “adulte”, il a surtout été développé pour toucher un public beaucoup plus large. Même le “côté” gore outrancier, que je trouve complètement ridicule, fait se demander si on joue bien à un RPG et pas à une simulation de boucherie et devient aussi lourd que le “bullet time” (qui vont d’ailleurs souvent de pair), les morceaux d’ennemis volant dans tous les sens au moindre prétexte. Le système de Karma est on ne peut plus bancale : faire exploser une ville à l’aide d’une *spoil* ancienne bombe nucléaire, attendre quelques jours, et tout le monde fera comme si de rien était. (Nan mais en fait c’était l’explosion d’une boule de gaz dont la lumière s’est reflétée sur la surface de Saturne… ou un truc dans le genre…)

De plus, le jeu n’est vraiment pas à la hauteur graphiquement, les développeurs s’étant plus qu’économisé sur le moteur graphique… Les environnements sont certes très beaux mais le reste est loin d’être au niveau d’autres jeux comme Mass Effect ou The Witcher, sorti l’année précédente… et développé par un petit studio Polonais avec dix fois moins de moyens.

Le jeu est bourré de bug (normal, jeu beugthesda), encore plus qu’à l’époque où les jeux étaient développés par Black Isle, et les patchs tantôt les corrigent, tantôt en rajoutent (bugs graphique, plantages du jeu, et toutes ces joyeusetés). Les DLC sont nombreuses et extrêmement chère pour leur qualité/durée de vie, certaines vaudraient le coup, mais je n’en ai testé aucune… Les PNJ ne servent à rien, on peut se faire accompagner par un perso dont le seul véritable avantage sera de faire office de mule (inhérent aux jeux Bethsoft).
Une pléthore d’autres défaut comme des goules qui courent (alors que ça n’a jamais été le cas), avec des cheveux (ils sont mortellement irradié, pire qu’après une chimio !), des vêtements qui boostent les caractéristiques (Tiens, si je mettais une blouse de docteur … Mon Dieu, le vêtement était imprégné des connaissances du cadavre, je suis plus performant dans la compétence médecin !!!) et des munitions qui ne pèsent rien… (je crois que ça change selon le mode de difficulté).

On sent vraiment que Bethesda à voulu faire table rase de ce qui avait été fait avec les précédents opus, que ce soit au niveau du design des monstres, le gameplay et presque de l’histoire… pour un final qui ne vaut même pas le premier Fallout. L’intérêt principal du jeu revêt plus de l’exploration de l’immense carte que du scénario.
Les “différentes” fins se limitent à des images du jeux différentes sans aucun accompagnement ou explication.

Malgré tout, le jeu n’est pas dénué de qualités, les environnements sont spacieux et variés, il y’a une grande liberté de mouvement (on peut finir le jeu en sautant certaines étape de la quête principale) même si on se retrouve cloisonné pour se déplacer dans la ville principale, le principe de réparation est plutôt intelligent (bien que lourd car obligé de réparer ses objets toutes les vingt minutes), une variété d’armes et armures importante. Mais ça ne palis pas à tous les défaut inhérents aux jeux Bethesda et au manque de respect de la licence Fallout.

En bref, Fallout 3 de Bethesda, un très mauvais Fallout, un FPS passable mais un bon simulateur de promenade à travers un paysage post-apocalyptique. Il est bien évidemment inutile voir non recommandé d’avoir joué aux 2 précédents opus pour comprendre voir même apprécier.

Disponible pour 15€ sur Amazon, avec cinq DLC.

4 réflexions au sujet de « Fallout 3 (2008) »

  1. Une bonne chose : nous nous complétons en matière de critique. Ta description est bien plus fine et détaillée, d’ailleurs ! Je suis d’accord avec ta conclusion, une fâcheuse défaite (sauf pour les graphismes que je ne trouve pas si mauvais que ça). Cependant, Fallout3 New Vegas m’a surprise, positivement cette fois-ci. Bien sûr il faut le voir comme un jeu nouveau et non un descendant de l’opus Fallout 1 et 2 ! Alors que je partais pleine de préjugés sur ce jeu, j’ai constaté -à ma plus grande surprise- de nombreux atouts dans New Vegas : plus role-play, plus de liberté, des scénar’ plus variés, pas trop de va-chercher, des quêtes à rebondissement et des perso plutôt épais…etc…L’article est en cours de préparation et sera publié prochainement sur ludicophelie !

    • Merci beaucoup 🙂
      Pour Fallout New Vegas, j’ai eu les mêmes échos. Mais j’avouerais que le coup de la 3D m’a vraiment déplu. Alors peut être un jour, je le ferais :p.
      Merci pour ton commentaire 😉

  2. Critique totalement objective car tu aimes les deux premiers, donc le trois tu aimes pas car il ont certes changé le sens du jeu mais c est pratiquement tous les mêmes jeux. Pareil tous les jeux changent au fil des épisode

    • Merci de ton commentaire, même si je suppose que tu voulais dire que ma critique était subjective (je me suis permis de te corriger un peu…).
      Et bien, oui c’est exactement ça, j’avais prévenu en préface du blog.
      Je ne sais pas si tu as joué aux 2 premiers, mais il n’y a pas grand chose qui changent entre eux. Je dirais même que toute bonne suite d’un bon jeu n’a pas besoin d’avoir (et je dirais même ne doit pas) un changement de gameplay.
      ça explique beaucoup le fait que beaucoup de ceux qui ont aimé Fallout 1 et 2 n’aiment pas Fallout 3.

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